Peintre résolument libre, Louis Cane a traversé plus d’un demi-siècle de création en échappant aux catégories. Son œuvre ne se laisse ni enfermer dans un style, ni réduire à une période : elle avance par bifurcations, rebonds, retours, comme une pensée en mouvement. Tout au long de son parcours, Louis Cane n’a cessé de déplacer la peinture hors de ses limites, vers l’espace, l’objet, le décor, la sculpture, tout en revenant sans cesse à elle.
Chez lui, rien n’est jamais figé. Une intuition peut être poussée loin, puis laissée de côté, avant de ressurgir des années plus tard sous une autre forme, à travers un autre médium. « Je veux être un voltigeur léger », déclarait-il en 1983.
Un voltigeur léger
Né à Beaulieu-sur-Mer en 1943, Louis Cane se forme aux arts décoratifs de Nice puis aux Arts décoratifs de Paris. À la fin des années 1960, il devient l'une des figures majeures de Supports/Surfaces, avant qu'une césure, au milieu des années 1970, ne le tourne vers l'histoire de l'art et la tradition, non pour s'y réfugier, mais pour en rouvrir les questions. Peinture, sculpture, arts décoratifs : il n'a jamais hiérarchisé les pratiques. Porté par cette exigence jusqu'à sa disparition en 2024, son œuvre a rejoint les collections du Centre Pompidou au MoMA.
Nicole Cane
Sculptrice française, Nicole Cane porte au monde animal une attention rare, presque intime. De ses mains naissent des formes en plâtre, ensuite coulées dans le bronze, qui l'inscrivent dans la grande lignée des animaliers français comme celle de Pompon, celle de Bugatti.
Ce qui distingue Nicole Cane des animaliers classiques, c'est son refus de toute idéalisation : elle préfère la vache au lion, le lapin à l'aigle, et donne à chacun de ses animaux un prénom : Marcel, Adèle, Gertrude, Henriette. Une façon de les arracher à l'anonymat et de les imposer, dans leur singularité irréductible, au regard du spectateur.